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Audience intersyndicale du 19 octobre à la DSDEN de Haute-Savoie

Compte-rendu d’audience rédigé par Anne MUGNIER, présidente académique et déléguée SNALC Haute-Savoie

Les AESH étaient représenté(e)s à cette audience par deux AESH, un délégué SNALC et un délégué FSU.
L’administration de la DSDEN 74 était représentée par Sylvain BÉGUÉ, Directeur académique adjoint, et Marie-Christine BÉBIN-MÉHAUT, Secrétaire générale.

INTERSYNDICALE
La délégation intersyndicale rappelle les revendications nationales des AESH, en insistant particulièrement sur les salaires, d’autant plus bas que la vie est chère dans le département. La nécessité de cumuler deux activités pour pouvoir vivre a été dénoncée : c’est pour cette raison que l’intersyndicale demande que les AESH obtiennent le statut de fonctionnaire de catégorie B. Les AESH expliquent que le cumul d’activités proposé via des contrats avec les mairies sur le temps du périscolaire pour surveiller la cantine les privait souvent de la pause légale pour pouvoir elles-mêmes déjeuner.
Le SNALC insiste par ailleurs sur les problèmes posés par l’administration qui empêche parfois elle-même ce cumul d’activités (en le refusant ou en modifiant en cours d’année les emplois du temps) alors qu’elle ne propose pas de temps plein même à celles et ceux qui le souhaitent.
Le système des PIAL est bien sûr également dénoncé, même si les dysfonctionnements semblent moindres en Haute-Savoie par rapport à d’autres départements de l’académie.

DSDEN
Monsieur Bégué annonce la mise à jour du guide des AESH du rectorat, soumis à signature de la rectrice. Il annonce une uniformisation des règles entre PIAL et départements. C’est pourquoi un vademecum des PIAL est actuellement en cours d’élaboration.
M. Bégué rappelle que la plupart des contrats d’AESH ont une quotité de 62%. Le département travaille donc avec les municipalités pour permettre aux AESH de compléter leur temps de travail. Dès lors qu’il y a cumul d’emplois, il faut que soit préservé le droit à la pause au bout d’un certain nombre d’heures d’exercice. Le soir même, M. Bégué doit rencontrer l’association des maires du 74. Il confirme que le temps  de travail périscolaire à la cantine n’est pas du temps de pause. C’est pourquoi il y a sollicitation du service juridique du rectorat pour garantir la régularité de ce qui est proposé.
Concernant les PIAL, M. Bégué indique que l’académie essayait bien de travailler en convergence. Ainsi, la taille des PIAL, les fiches de poste, la coordination ont vocation à être identiques. La demande de la rectrice est très claire à ce sujet : il faut que les conditions soient les mêmes. Les pilotes de PIAL du département vont ainsi prochainement se réunir en vue de cette harmonisation.

INTERSYNDICALE
Les AESH présentes dans la délégation évoquent ensuite la dégradation de leurs conditions de travail dues à la mise en oeuvre des PIAL et à la forte hausse des notifications d’élèves alors que l’embauche d’AESH ne suit pas.
Elles témoignent du fait qu’avec les PIAL, leur travail a perdu en qualité. Ils ont engendré un surcroît de fatigue et de frais. Il n’est plus possible d’être suffisamment à l’heure pour communiquer avec les équipes. Il y a des heures manquantes : par exemple, une AESH doit s’occuper de deux enfants en même temps dans la même classe alors qu’ils doivent normalement bénéficier d’une AESH individuelle. Les demandes d’AESH individuelles ne peuvent plus être honorées. Avec la dispersion des emplois du temps, une même AESH peut être chargée d’un enfant différent toutes les deux heures. Il y a une longue liste d’attente en IME pour les élèves qui se retrouvent donc en inclusion forcée sans pouvoir bénéficier d’un personnel formé. Les AESH elles-mêmes déplorent l’absence de formation valable qui leur ferait gagner des compétences et revaloriserait la profession. Parfois, le niveau scolaire de l’AESH peut aussi être un frein pour venir en aide aux élèves ; concernant les élèves frappés d’une pathologie lourde, il est anormal que les AESH aient à s’en occuper sans bénéficier d’aucune formation sur cette pathologie.

DSDEN
M. Bégué conteste les problèmes du niveau de recrutement : il indique que les AESH recruté(e)s ont soit un diplôme permettant l’accompagnement de jeunes enfants, soit le bac. Si certain(e)s AESH se sentent en fragilité pour accompagner des élèves,  c’est le rôle de l’AESH référent d’accompagner les collègues qui se sentiraient en difficulté.
M. Bégué insiste sur le fait qu’il ne faut pas accompagner des élèves non notifiés. Il reconnaît qu’il n’est pas satisfaisant que l’accompagnement collectif se substitue à l’accompagnement individuel quand c’est ce dernier qui est notifié, et admet qu’il n’y a pas suffisamment d’AESH dans le département pour répondre aux besoins des élèves notifiés. La DSDEN va organiser un « job dating » avec Cluses.
Concernant les IME, il indique qu’on les remplace par les SESSAD. On demande aux IME de travailler différemment. On met les moyens sur les équipes mobiles d’accès à scolarisation. Il y a actuellement beaucoup plus d’enfants en situation de handicap en milieu scolaire. M. Bégué rappelle que la loi demande aux établissements scolaires de prendre en charge les élèves quel que soit leur handicap. Il faut donc des moyens médico-sociaux pour que cela soit profitable aux enfants. Cela nécessite aussi de ne faire entrer dans le champ du handicap que les enfants qui sont vraiment handicapés : pour les troubles de l’apprentissage, il y a d’autres dispositifs.
Le SNALC intervient pour signaler sa satisfaction de voir que l’administration s’oppose désormais à la pathologisation de la difficulté scolaire, qui pose problème depuis plus de quinze ans.
Enfin, M. Bégué indique qu’il est d’accord avec les AESH sur la nécessité de la prise en compte de la validation des acquis.

Mme Bébin-Méhaut prend la suite après le départ de M. Bégué, et tient à signaler que la DSDEN fait systématiquement remonter les problèmes qu’on lui présente, même si elle n’a pas toutes les réponses.

Le SNALC s’inquiète de l’absence actuelle de médecin de prévention pour l’ensemble des personnels de Haute-Savoie.
Mme Bébin-Méhaut répond que pour les gros problèmes, le médecin de Savoie supplée aux urgences en attendant le retour du Dr Nodet.

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