Article rédigé par Nicolas BERTHIER, élu SNALC CSA-SD 73
Le CSA-SD73 du 21 mars 2024 traitait du bilan des créations et suppressions de postes en collège dans le département ainsi que des compléments de service prévus en collège en Savoie.
Récapitulatif des créations et suppressions de postes :
1-creations_suppressions_poste_en_IA73 R2026 par discipline Document 3dont mesures de carte:
4-Mesure_de_carte IA73 R2026Récapitulatif des créations et suppressions de postes par établissement :
2-creations_suppressions_poste_en_IA73 R2026-1 par etablissement Document 2 3-CSD CSR R2026document 4 4-Mesure_de_carte IA73 R2026
Le projet des futurs compléments de service:
3-CSD CSR R2026document 4Attention, il ne s’agit que de projets, ils sont susceptibles d’être modifiés jusqu’à la rentrée.
Bilan :
- stabilité des compléments de services ;
- 8 créations de postes dans le département mais 22 suppressions ;
- Cette année, il y a 6 mesures de carte scolaire : Technologie au collège Jean Perret; Allemand au collèges de Bissy et de Boigne; EPS au collège de Saint Etienne de Cuines; Histoire géographie au collège Saint Exupéry; Eco. Gestion vente à la SEGPA du collège Marlioz. Et ce uniquement dans les collèges, ce chiffre ne prend pas en compte les mesures de carte des lycées du département. Les autres postes supprimés sont des postes vacants ou des départs en retraite. Si vous êtes victime d’une carte scolaire, n’hésitez pas consulter notre article (ICI) et surtout à nous contacter.
La déclaration liminaire du SNALC Grenoble :
Mesdames et messieurs les membres du CDEN,
Alors que l’Administration nous invite régulièrement à l’optimisme, nous suggérant de voir « le verre à moitié plein », le SNALC se fait aujourd’hui le porte-parole de ceux qui voient le verre à moitié vide — un verre qui, de rentrée en rentrée, se vide de la substance même de l’Éducation nationale.
Quelles ressources nous reste-t-il lorsque le lien sacré entre maître et élève se rompt sous le poids de la violence ? Partout sur le territoire ; et notre département n’est pas épargné ; l’agressivité s’intensifie. L’illusion de « l’établissement tranquille » s’effondre. Si le risque zéro n’existe pas, il ne saurait justifier l’immobilisme face à des dangers quotidiens. Éduquer, c’est poser un cadre ; pourtant, ce cadre déclenche aujourd’hui des colères disproportionnées.
À cette violence des élèves s’ajoute désormais celle de certains parents, n’hésitant plus à pénétrer dans les enceintes scolaires pour menacer les enseignants. Face à des collègues qui nous confient, la mort dans l’âme : « Pour la première fois de ma carrière, j’ai peur d’y aller », que répond l’institution ? Quelles mesures concrètes seront prises pour éviter que les drames ne deviennent des tragédies ?
Pour le SNALC, la réponse passe impérativement par un réinvestissement massif des moyens humains. On ne gère pas 600 adolescents avec seulement 2 CPE et une poignée d’AED. Dans un département pourtant pas marqué par la précarité et la misère sociale, l’absence de médecins scolaires, d’infirmiers, d’assistants sociaux et de PsyEN est une faute. L’urgence de la santé mentale de nos élèves, ne peut plus attendre les calendes grecques des plans administratifs.
Dans ce contexte de crise, l’annonce de suppressions de postes est une provocation. Le SNALC exige, a minima, le maintien de l’existant. La baisse démographique doit être saisie comme une opportunité historique de réduire enfin la taille des classes, la France restant la mauvaise élève de l’Europe en la matière. L’argument démographique a bon dos : quand les effectifs augmentaient, vous supprimiez déjà des postes. Ces 4 000 suppressions nationales sont un choc frontal contre une institution qui a déjà heurté l’iceberg.
Par ailleurs, le SNALC s’alarme de la disparition progressive des dispositifs et options. Pour nos élèves les plus fragiles, l’école doit être une fenêtre sur la culture et l’ambition, pas un service minimum.
En conclusion, l’Éducation nationale ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire, mais un investissement d’avenir. Le déclassement de l’école, préfigure celui du pays. On nous parle de « réarmement moral » à longueur de discours : il est temps que ce concept franchisse les grilles de nos établissements. On ne peut préparer la rentrée 2026 avec les recettes usées de 2025. L’immobilisme n’est pas une gestion, c’est une régression.




